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Mot du Directeur Général

M. kla Sylvanus
Vers un contrôle plus accru du secteur par l’ATCI


Depuis la libéralisation du secteur des télécommunications introduite par la Loi 95-526 du 07 juillet 1995 qui crée également l’Agence des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI), de profondes mutations y sont intervenues, ne serait-ce que de par le nombre plus important d’opérateurs, que des réorganisations qui surviennent par le biais de la mise en place de synergies, de changements de partenariats stratégiques et autres fusions absorptions.

La mission de régulateur qui est la sienne, exige de l’ATCI qu’elle veille constamment à ce que tout ce bouillonnement, signe d’un dynamisme certain du secteur, ne se fasse au détriment du maintien d’un environnement concurrentiel sain et d’offres de service de qualité.

Notre nouvelle vision qui est de « Construire un partenariat de confiance » en dit long sur nos ambitions envers les trois (3) principales composantes de ce secteur que sont l’Etat, les Opérateurs et les Consommateurs.

Toutefois, pour cette année 2009, nous envisageons de déblayer en quelque sorte le terrain en étant plus regardants sur des chantiers tendant non seulement à renforcer notre rôle de « catalyseur » afin d’améliorer la perception de notre action par les différents acteurs, mais aussi à veiller à la satisfaction des parties prenantes entre elles, et vis-à-vis des Consommateurs notamment.

Ainsi, au plan purement interne, entres autres actions stratégiques, l’accent sera-t-il mis sur une revisite des procédures pour les rendre plus claires et compréhensibles par tous, et plus transparentes et accessibles pour celles intéressant les acteurs.

En outre, tenant compte du nombre de plus en plus croissant de services s’appuyant sur l’utilisation des fréquences, l’ATCI se doit d’assurer aux utilisateurs, une gestion et un contrôle plus efficaces du spectre radioélectrique afin de relever dans les meilleurs délais, tout brouillage préjudiciable. A cet effet, un Système de Gestion et de Contrôle Automatisé du Spectre (SGCAS), en cours d’acquisition, et doté de stations de contrôle distantes, sera déployé sur l’ensemble du territoire.

Au nombre des chantiers externes, toute activité commerciale ayant pour finalité les Consommateurs, les services de téléphonie mobile surtout et l’offre Internet auxquels ceux-ci sont les plus attachés, feront l’objet d’une attention renforcée.

En ce qui concerne la téléphonie mobile, comme on le sait, pour booster la concurrence, l’ATCI a délivré sept (7) licences dont quatre (4) sont déjà en exploitation, et les bénéficiaires des trois (3) autres, en phase de déploiement des infrastructures.

Le nombre important d’Opérateurs et la course effrénée aux clients qui s’ensuit ont une incidence certaine sur la qualité de service offerte à laquelle les populations ont toujours été très sensibles. L’ATCI entend donc exercer des contrôles plus rigoureux par la mise à jour de ses outils d’audit des réseaux et d’analyse des données des Opérateurs. Les résultats de ces contrôles seront portés à la connaissance du public à l’aide d’indicateurs simples et significatifs des performances de ceux-ci. Le cas échéant, un classement sera fait pour juguler la bataille médiatique de leadership.

Par ailleurs, l’ATCI compte se donner les moyens de mieux apprécier les coûts des Opérateurs afin d’agir sur les leviers devant les amener, sans les fragiliser outre mesure, à y orienter les tarifs pratiqués entre eux du fait de l’interconnexion et partant, ceux pratiqués aux Consommateurs.

Concernant l’Internet, les coûts d’accès évoluant à la baisse, la vulgarisation se fait certes mais à pas encore trop lents en notre sens. L’accès de masse reste encore les cybercafés qui feront désormais l’objet de suivi et de contrôle quant à l’usage réellement fait de cet outil, et à la qualité du service offert par les fournisseurs d’accès. En effet, si le nombre de cybercafés ne cesse d’augmenter, avec des services variés (navigation sur la toile, bureautique, téléphonie etc.), les fournisseurs de ce service échappent jusque là au regard de l’ATCI ; ils ne possèdent aucune autorisation et ne sont pas répertoriés. Il convient donc d’y remédier.

Il est aussi envisagé de favoriser la mise en place d’un point d’échange Internet pour permettre aux fournisseurs d’accès Internet nationaux de s’interconnecter et partant, d’échanger du trafic. Cette réflexion sera bien entendu menée au regard des avantages et des insuffisances liées à cette interconnexion directe.

Au demeurant, des actions doivent être entreprises pour inciter à l’accès individuel haut débit et de bonne qualité.

Un autre chantier d’importance capitale est celui des questions sécuritaires, aussi bien pour la téléphonie mobile que pour l’Internet, dont les examens ont déjà débuté en 2008 et qui continueront d’être adressées avec beaucoup de vigueur et de rigueur en cette année.

En effet, jaugeant l’ampleur des actes de cybercriminalité aux conséquences désastreuses pour l’image de notre pays, l’ATCI a décidé en 2008, de porter une attention particulière à la problématique de la cybersécurité. C’est ainsi que deux (2) réunions importantes sur la question, dont la Conférence Régionale Africaine sur la cybersécurité, se sont tenues, qui ont permis de mieux cerner le problème et de faire des recommandations pour la mise en place de stratégies adéquates.

Quant à la téléphonie mobile, les rencontres sont également initiées depuis 2008 et les mesures sont en cours pour remédier à la situation de non identification des détenteurs de puces qui a eu pour corollaire malencontreux, les appels et envois de SMS malveillants. Dans cette même veine, une étude sur les mécanismes de détection et de verrouillage de terminaux mobiles volés, les rendant inutilisables sur les réseaux, sera menée en vue de contribuer à la réduction de l’insécurité dans ce domaine.

Il est évident que les quelques actions énumérées ici ne représentent qu’une infime partie de celles devant conduire à la réalisation de la nouvelle vision énoncée comme étant une œuvre de construction. Aussi, de même que toute construction fait intervenir différents corps de métiers et comporte diverses étapes importantes allant de la fondation à la finition, en passant par le gros œuvre, de même « Construire un partenariat de confiance » suppose-t-il de réaliser un certain nombre d’actions stratégiques cohérentes, s’appuyant sur des valeurs fortes qui, pour l’ATCI, seront dorénavant celles d’ETRE, c’est-à-dire d’Expertise, de Transparence, de Rigueur et d’Equité.

Etant tous concernés d’une manière ou d’une autre par ce secteur d’activité que sont les Télécommunications, j’invite chacun des acteurs que nous sommes à bien jouer sa partition afin de le rendre dynamique au bénéfice de tous.

Sylvanus KLA